La Colonisation Européenne et le partage du monde au XIXeme siècle
Base de données historiques et pédagogiques pour la 4ème
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1 - Marseille, porte du monde colonial français

L’expansion coloniale française a fait de Marseille, à la fin du XIXe siècle, un carrefour mondial de circulation des hommes et des marchandises. C’est sous le second Empire (1852-1870) que la ville connaît son développement économique le plus spectaculaire. Le paysage urbain se modifie avec l’apparition de la navigation à vapeur qui contraint Marseille à sortir du périmètre de son Vieux-Port et à équiper les rivages nord de la ville. Les bassins portuaires (sept au total) s’agrandissent et les usines se multiplient. L’ouverture du canal de Suez (1869) lui ouvre les portes de l’océan Indien. En 1875, Marseille devient le premier port français bien loin devant Le Havre ou Dunkerque et le quatrième port mondial après Londres, Liverpool et New York. C’est le temps de l’apogée commerciale et économique de la ville. Le commerce avec les colonies françaises africaines et asiatiques est un moteur important de cet élan économique. Blé d’Algérie, sucre de la Réunion, riz de Madagascar sont transformés dans les industries marseillaises qui font travailler près de cent mille personnes sur la région.L’industrie marseillaise est issue en grande partie de ce commerce maritime colonial qui a fait la fortune des grandes familles locales. A la fin du XIXe siècle, Marseille est la ville des minoteries, des huileries, des raffineries de sucre et des savonneries. (Etude de cas 1 : Marseille port des colonies)

Au début du XXe siècle, plus de la moitié du commerce colonial français est assurée par le port de Marseille. Cette position privilégiée dans le commerce international rend la ville très attractive. Commerçants, voyageurs, travailleurs émigrés transitent par la ville ou y demeurent pour travailler. La main d’œuvre issue des colonies françaises est sollicitée et recherchée par les employeurs marseillais. Main d’œuvre à bon marché, peu exigeante et souvent temporaire, elle travaille à proximité du port ou dans les industries de transformation situées au nord de la ville. Le recensement de 1905 comptabilise 102.182 personnes de nationalités étrangères (environ 1/5 de la population marseillaise). (Etude de cas 2 : Marseille, ville migratoire)

En observant attentivement le paysage urbain marseillais d’aujourd’hui, on trouve encore quelques traces de cette histoire liée au commerce colonial : les sculptures monumentales de l’escalier de la gare Saint-Charles représentant l’Afrique et l’Asie, la rizerie indochinoise qui surplombe l’autoroute nord à Plombières, l’institut de médecine tropicale au Pharo ou encore le monument aux armées d’Orient sur la Corniche.

2 - La conquête de l'algérie : pourquoi coloniser?

Avant la conquête française, l’Algérie était une province ottomane gouvernée par le dey Hussein qui, théoriquement, dirigeait les trois provinces du pays, elles-mêmes sous l’autorité d’un bey. Mais l’Algérie ottomane ne fut jamais vraiment unifiée par un gouvernement central fort. Le dey n’exerçait son autorité que sur une toute petite partie du pays tandis que les beys jouissaient d’une autonomie forte.Sous prétexte d’en finir avec les pirates turcs de la Régence d’Alger qui écument la Méditerranée, le roi de France, Charles X, fait débarquer une armée de 37.000 hommes qui s’emparent d’Alger, le 5 juillet 1830, mettant ainsi fin à la domination turque. La résistance se constitue autour de l’émir Abd-el-Kader, de Bou Ma’zza, d’Al Moqrani et le pays n’est définitivement conquis qu’en 1871 avec l’écrasement de la dernière insurrection. Il faut attendre l’extrême fin du XIXe siècle (1899) pour que le Sahara soit entièrement occupé. (Etude de cas 1 : La conquête et la domination)

La constitution de la République de 1848 déclare l’Algérie territoire français et la divise en trois départements : celui d’Alger, de Constantine et d’Oran. L’administration française organise des centres de colonisation agricole en distribuant à des colons français des dizaines de milliers d’hectares issus du séquestre. La colonisation de peuplement, considérée comme un moyen de consolider la conquête, est rapidement soutenue et encouragée. Des Français métropolitains et des migrants espagnols, italiens et maltais viennent s’installer en Algérie dès les premières années de la conquête.L’exploitation économique de l’Algérie est essentiellement agricole : viticulture, céréaliculture, arboriculture (notamment les agrumes) dans les grandes plaines aménagées et irriguées du nord de l’Algérie. L’aménagement et l’équipement du pays (barrages réservoirs, constructions de ports, de voies ferrées, d’infrastructures routières…) sont liés aux activités économiques tournées vers la métropole. L’exploitation des mines de fer et de phosphates ne s’accompagne pas d’un développement industriel local. (Etude de cas 2 : l'exploitation économique)

Le recensement de 1872 dénombre plus de 2.400.000 Arabo-berbères pour 215.000 Européens, et 35.000 Juifs naturalisés Français par le décret Crémieux (1871). Les projets coloniaux concernant l’Algérie ont abouti à des situations de discriminations sociales et économiques. En 1881, le gouvernement français généralise le régime de l’indigénat en Algérie puis dans l’ensemble de ses colonies. Il distingue deux catégories de personnes : les citoyens français et les sujets français (les colonisés appelés « indigènes »). Ces derniers sont placés dans un statut juridique d’infériorité, privés de la majeure partie des libertés et des droits. Le "code de l’indigénat" n’est aboli, en Algérie, qu’en 1944.

La colonisation de l’Algérie révèle des réalités contraires aux principes énoncés de l’assimilation et des valeurs républicaines d’égalité et de fraternité. (Etude de cas 3 : "Civiliser" et assimiler)

3 - La compétition coloniale en Afrique au XIXe siècle

’Afrique est le berceau de l’Humanité. Pourtant, elle « n’a pas d’histoire », écrit par exemple Victor Hugo en 1879, pour mieux justifier la conquête du continent par les Européens. Il faut attendre les années 1960, avec les indépendances retrouvées, pour que des historiens africains mettent en valeur et écrivent ce passé. Au XIXe siècle en effet, l’Afrique est déjà riche d’une longue histoire qui a modelé ses multiples langues, ses croyances, ses modes de vie ou ses organisations politiques. Sans disparaître, cet héritage est bouleversé par la colonisation après 1880. Il s’agit donc de démêler les fils de cette histoire commune.

Les Européens fréquentent la côte méditerranéenne de l’Afrique depuis l’Antiquité. Les Romains appellent « Afrique » la seule Tunisie d’où ils importent des céréales. Au XVe siècle, avec les progrès de la navigation et à la recherche d’or, les Portugais reconnaissent la côte atlantique du continent. Ils franchissent le Cap de Bonne Espérance en 1497 puis occupent en partie les rivages africains de l’océan Indien. Mais la route des Indes contourne l’Afrique sans la traverser. Celle-ci reste donc, pendant cinq siècles encore, le « continent obscur » des Européens. Quelques comptoirs ou escales sont créés sur ses côtes pour réapprovisionner les navires en eau douce, en nourriture ou… en esclaves. Cependant la capture et l’acheminement jusqu’à la mer de cette marchandise humaine reste l’affaire de chefs africains et de marchands arabes qui deviennent les intermédiaires privilégiés du commerce triangulaire de la fin du XVe au début du XIXe siècle.

Dans le même temps, les Européens poursuivent l’exploration – et parfois la conquête – du reste du monde : de l’Amérique, de l’Asie et des îles du Pacifique. En 1865, au contraire, les Britanniques pensent abandonner leurs comptoirs d’Afrique de l’Ouest. A cette date, les Etats européens contrôlent moins de 10% du continent. Comment expliquer cette exception africaine ? (Etude de cas 1 : un continent inconnu des Européens juqu'à la fin du XIXeme siècle)

Mais l’Afrique perd ensuite son indépendance en un temps record : en 1914, 95% du continent est dominé. Seuls le Libéria et l’Ethiopie échappent au partage. Des petits pays – Grande-Bretagne, France, Belgique et Allemagne en tête – ont ainsi conquis, en trente ans seulement, un espace grand comme cinquante fois la France. Les raisons de cette « course au clocher » sont européennes, mais on peut aussi s’interroger sur les limites de la résistance africaine. Sinon comment expliquer la domination aussi rapide du continent ? (Etude de cas 2 : L'Afrique, cible des puissance européennes de 1880 à 1914)

Ce XIXe siècle africain reste marqué par la violence infligée aux populations. Certes, celle-ci n’a pas commencé avec la conquête européenne et ne s’est pas terminée, au XXe siècle, avec la décolonisation. Mais, après 1880, la violence prend des formes et une intensité nouvelles qui contredisent la « mission civilisatrice » dont s’honorent les colonisateurs. Plus grave, la supériorité technologique et les découvertes de Darwin développent chez eux la croyance en l’existence d’une « race » blanche supérieure aux autres. Comment expliquer les logiques de violence liées à la colonisation ? (Etude de cas 3 : Les violences en Afrique au XIXe siècle.)

L’empire britannique, puissance dominante du XIXe siècle

n 1815, la Grande-Bretagne sort victorieuse des guerres contre Napoléon. Son économie profite, avant les autres, d’une révolution agricole et industrielle. Sa flotte domine les mers et ses institutions monarchiques sont considérées en Europe comme un modèle politique. Les Britanniques ont donc les moyens de dominer le Monde.

Leurs premières conquêtes remontent au XVIe siècle, mais une défaite coûteuse et humiliante leur a fait perdre leurs principales colonies de peuplement, devenues en 1783 les Etats-Unis d’Amérique. Le souvenir reste vivace au début du XIXe siècle et les impérialistes anglais s’interrogent : Faut-il se contenter d’un empire commercial reposant sur l’initiative privée des compagnies à charte et des missionnaires ? Ou, faut-il, au contraire, que la Couronne s’implique davantage dans la conquête et l’administration des territoires, afin de mieux exploiter leurs richesses et flatter du même coup l’orgueil national ? (Etude de cas 1 : La conquête mondiale des marchés ou des territoires ?)

A elle seule, la possession des Indes assure à la Grande-Bretagne la prospérité de son industrie textile. Dès lors, la politique des Britanniques dans le monde vise à protéger ce « joyau de la Couronne ». C’est le cas quand ils s’emparent du Cap (1795) et de Hong-Kong (1842), ou quand ils imposent leur protectorat à l’Egypte (1882). La Grande-Bretagne contrôle ainsi les routes maritimes qui la relient aux Indes et impose aux Chinois l’importation d’opium indien. Mais, avec plus de 300 millions d’habitants en 1900, les Indes constituent à elles seules un empire dans l’empire. Cela pose un sérieux problème d’administration aux Britanniques qui sont peu nombreux à résider sur place. Comment, dans ces conditions, ont-ils pu y maintenir leur domination ? (Etude de cas 2 : Comment les Britanniques ont-ils pu dominer 300 millions d’Indiens ?)

Dans les colonies où la présence européenne est plus importante – au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Afrique du Sud – une autre forme d’administration est expérimentée : le dominion. Les colons jouissent progressivement d’une autonomie politique qui répond à leurs revendications, sans rompre le lien avec la métropole. Pourtant les populations autochtones bénéficient rarement de ces nouveaux droits politiques. (Etude de cas 3 : Qu’est-ce qu’un dominion ?)

Vers 1900, la Grande-Bretagne domine ainsi, de différentes manières, un quart de la population mondiale. Elle est présente sur tous les continents et justifie son entreprise impériale comme un « devoir de civilisation ». Il est vrai que l’action de ses missionnaires contre l’esclavage est décisive. Mais sa domination est aussi synonyme de famines aux Indes, de travail forcé en Afrique du Sud, de confiscation des terres au Canada, en Australie ou en Nouvelle-Zélande.

L’empire britannique est enfin le premier visage de la mondialisation. Les marchandises, les capitaux et les migrants circulent dans ce vaste ensemble, qui est déjà une organisation entre des Etats du Monde où domine la langue anglaise.

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